Il aura fallu trois ans à Teddy Riner pour passer du statut de cadet prometteur à celui de numéro un mondial. A 18 ans, il a déjà marqué l'histoire de son sport, en devenant le plus jeune champion du monde des lourds.
Le hasard avait finalement bien fait les choses : puisqu'il fallait que, tôt ou tard, ces deux là se rencontrent, Riner et Inoue étaient invités à se retrouver dès le deuxième tour.
Ce tirage au sort difficile aurait pu mettre un frein à la progression sportive et médiatique du phénomène Riner, il sera finalement l'acte fondateur de sa future légende. Droit, solide sur les mains, le jeune Français utilisait sa puissance pour contrôler Inoue et il attendait patiemment son heure. Celle-ci allait sonner à quelques secondes du terme (5s), lorsque Kosei Inoue lançait son terrible o-uchi-gari. Loin d'être ébranlé, le Français contrait par un sasae qui finissait en tani-otoshi, l'arbitre annonçait yuko, et le rêve d'un quatrième titre mondial s'envolait du même coup pour le Japonais.
Avec cette victoire sur le favori de la compétition, Riner n'était plus un outsider mais bel et bien un vainqueur potentiel.Au contraire, la suite de son parcours était limpide : victoire sur le Bélarusse Rybak (ippon, o-uchi-gari), sur l'Allemand Bierau (ippon, o-soto-gari durant le golden score), et en demi-finale sur le géant chinois Xiang Jun Wei (2m10, 153 kg).
En finale, il retrouvait le Russe Tmenov, qui avait été impressionnant dans l'autre moitié du tableau, et qui pensait sans doute, après avoir remporté quatre médailles mondiales (2 bronze, 2 argent) que le moment d'obtenir le titre était venu. Mais voilà, au contraire du Russe, Riner n'a pas l'habitude de perdre ses finales et c'est le Français qui trouvait la faille (wazari) pour obtenir le titre mondial.
A 18 ans, il est devenu, après David Douillet, le deuxième Français champion du monde des poids lourds, c'est tout simplement prodigieux